Motif (intérieur/extérieur)

 

Un adhésif noir vient recouvrir toute la devanture de la galerie.
Il est troué de ronds d’un centimètre et demi environ répartis en lignes, selon une logique définie. On peut glisser un œil ou un doigt dans ces nombreux interstices circulaires. Tous ces trous forment des lettres en creux, des mots évidés, des phrases en pointillés. C’est un texte en braille. Une description de l’intérieur de la galerie pour être lue de l’extérieur.
Pour les non-initiés, les 9/10e d’entre-nous, ce texte braille relève plus du motif.
Il prend la fonction d’un moucharabieh ; il laisse entrevoir l’intérieur ou l’extérieur — cela dépend où l’on se trouve — tout en le dissimulant (ou en feignant de le faire). S’il ne suscite pas la curiosité, il fait prendre conscience d’une surface et d’un quelque chose derrière cette surface. Il marque l’existence d’un lieu en soulignant sa frontière, son seuil. De l’espace public (la rue) à un espace privé (la galerie).
Qu’est-ce qui devient plus important ? La façade, l’intérieur ou le passage de l’un à l’autre ?

 

L. B.

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