Un adhésif noir vient recouvrir toute la devanture de la galerie.
Il est troué de ronds d’un centimètre et demi environ
répartis en lignes, selon une logique définie. On peut glisser
un œil ou un doigt dans ces nombreux interstices circulaires. Tous ces
trous forment des lettres en creux, des mots évidés, des phrases
en pointillés. C’est un texte en braille. Une description de
l’intérieur de la galerie pour être lue de l’extérieur.
Pour les non-initiés, les 9/10e d’entre-nous, ce texte braille
relève plus du motif.
Il prend la fonction d’un moucharabieh ; il laisse entrevoir l’intérieur
ou l’extérieur — cela dépend où l’on
se trouve — tout en le dissimulant (ou en feignant de le faire). S’il
ne suscite pas la curiosité, il fait prendre conscience d’une
surface et d’un quelque chose derrière cette surface. Il marque
l’existence d’un lieu en soulignant sa frontière, son seuil.
De l’espace public (la rue) à un espace privé (la galerie).
Qu’est-ce qui devient plus important ? La façade, l’intérieur
ou le passage de l’un à l’autre ?
L. B.

installation in situ
galerie du Tableau, Marseille,
avril 2005,
adhésif,
280 x 210 cm